Traitement de la rosacée résistante

D’après un entretien avec le Pr Bernard Cribier, Strasbourg - le vendredi 06 décembre 2019

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Quatre formes de rosacée résistante peuvent être décrites :

1. La rosacée papulo-pustuleuse ne répondant pas au traitement conventionnel

L’azithromycine, utilisée hors AMM, à raison de 500 mg/j pendant 15 jours en continu, ou en traitement séquentiel (3 jours par semaine pendant 1 mois, puis 2 jours par semaine pendant un mois puis 250 mg 2 jours par semaine le 3èmemois), peut avoir une efficacité satisfaisante malgré un manque d’essais de bonne qualité. L’isotrétinoïne, utilisée à très faible dose 10 à 15 mg au maximum pendant 4 mois (indication hors AMM) a une efficacité aujourd’hui bien établie, mais reste difficile à utiliser chez les femmes non ménopausées en raison du risque tératogène. Le risque de récidive à l’arrêt du traitement incite à poursuivre le traitement à très faibles doses (5 mg/j voire 5 mg/j 2 à 3 fois par semaine pendant 1 an) chez l’homme. 

2. La rosacée œdémateuse ou maladie du Morbihan, une forme rare mais difficile à traiter

Les cyclines sont à privilégier en 1ère intention à double dose. Les drainages lymphatiques faciaux peuvent être efficaces. L’isotrétinoïne à 0,5 mg/kg en monothérapie ou associée aux corticoïdes per os peut être nécessaire en cas d’œdèmes solides des paupières très invalidants nécessitant parfois un geste chirurgical qui n’empêche toutefois pas la récidive. 

 3. La rosacée neurogénique avec signes fonctionnels majeurs 

Les plaintes fonctionnelles (brûlures, douleurs intolérables…) dominent le tableau dans un contexte souvent psychiatrique de dépression avec érythrophobie et/ou retrait de la vie sociale. Le laser ainsi que les médicaments de la douleur chronique et des douleurs neuropathiques (amitriptyline, prégabaline, gabapentine, voire antidépresseur) doivent être essayés, accompagnés d’une prise en charge psychiatrique ou d’un suivi psychologique indispensables.

 4. Pas de solution miracle pour les flushs qui restent très fréquents 

Sucer un glaçon au moment du flush permet de stopper le phénomène. Le carvédilol à faible dose (30 mg/j) peut être efficace après avis du cardiologue.

La toxine botulinique a montré un intérêt, mais son utilisation en pratique est difficile car il faut pouvoir traiter tout le visage, donc avec de multiples injections. De plus, l’effet reste transitoire. 

 

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