Comment gérer le risque hémorragique en chirurgie dermatologique ?

D’après un entretien avec le Dr Damien Lebas, Lille - le vendredi 06 décembre 2019

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Le risque hémorragique représente le risque le plus important en chirurgie dermatologique. Il touche 2 à 3 % des patients.

  • Bien évaluer le risque avant la chirurgie

En cas de prise de médicaments interférant avec l’hémostase, en particulier Anti-Agrégants Plaquettaires (AAP), Anticoagulants Oraux Directs (AOD) et Anti-Vitamine K (AVK), il est recommandé de ne pas suspendre les traitements. 

Même s’ils majorent le risque de saignement, les complications hémorragiques restent mineures, aboutissant dans le pire des cas à une reprise chirurgicale et restant sans commune mesure avec un risque d’accident thrombo-embolique pouvant mettre en jeu le pronostic vital du patient. 

Sous AVK, il faut néanmoins contrôler l’INR (International Normalized Ratio) dans les 48 heures avant le geste chirurgical, un résultat > 3 fera différer l’intervention.

Sous AOD, en cas de geste chirurgical plus conséquent (lambeau ou greffe de peau,) un arrêt bref peut se discuter. En effet l’HAS a émis des règles de bon usage qui recommandent d’interrompre les AOD 24 h avant une intervention chirurgicale avec un risque hémorragique mineur et de les reprendre 6h après en l’absence d’évènement hémorragique.

Les patients présentant une coagulopathie doivent être gérés en étroite collaboration avec le Centre de référence. 

Une attention particulière doit être portée à l’ibrutinib (thérapie ciblée utilisée en hématologie) qui augmente le risque hémorragique et qu’il est recommandé d’arrêter brièvement (3 jours au maximum). 

  • Gérer le saignement en per-opératoire 

Les poussées hypertensives majorant les saignements durant l’intervention, les anti-HTA seront poursuivis et l’environnement devra être apaisant. L’utilisation de xylocaïne adrénalinée et la maitrise de gestes simples (hémostase au bistouri électrique, point en X) permettra un contrôle du saignement qui sera ensuite prévenu par la réalisation d’un pansement compressif.

  • Assumer les complications hémorragiques en post-opératoire en restant disponible.
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