Comment explorer une alopécie androgénétique ?

D’après un entretien avec le Dr Pascal Reygagne, Paris - le jeudi 05 décembre 2019

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L’alopécie androgénétique n’est pas forcément pathologique. Elle peut correspondre à un vieillissement normal observé chez 50 % des hommes et 40 % des femmes après 50 ans et ne demande pas alors de bilan particulier. 

Chez l’enfant, pas de bilan systématique 
Une alopécie d’installation très précoce avec des signes de puberté précoce ou de virilisation ou une pilosité pubienne avant l’âge de 8 ans chez la fille ou de 9 ans chez le garçon nécessite une prise en charge par un endocrinologue.
Une alopécie isolée d’apparition plus tardive, vers l’âge de 9 ou 10 ans chez la fille ou 10 ou 12 ans chez le garçon, ne nécessite en revanche pas de bilan particulier. L’installation de l’alopécie peut être précoce au moment de la puberté surrénale et les bilans hormonaux ne mettent pas en évidence d’autres variations que celles en rapport avec le stade de cette puberté surrénalienne.

Chez l’adolescente, pas de bilan avant 2 ans de puberté installée
L’apparition d’une alopécie lors de la puberté et de l’installation de cycles menstruels irréguliers ne doit pas faire pratiquer de bilan hormonal avant 2 ans d’évolution.
Si les règles sont installées depuis plus de 2 ans et que sont associés des signes d’hyperandrogénie (hirsutisme, spanioménorrhée), un bilan endocrinien à la recherche d’une hyperandrogénie organique doit être envisagé (testostérone, sulfate de DHEA, 17 hydroxyprogestérone, LH, FSH) suivi d’une orientation chez un endocrinologue en cas de bilan perturbé.
En cas de cycles irréguliers, une échographie ovarienne avec mesure du volume ovarien et recherche de kystes multiples permettra de rechercher un Syndrome des Ovaires Polykystiques.

Chez la femme, quels que soient l’âge et les cycles, vérifier la ferritinémie et rechercher une dysthyroïdie cliniquement  et/ou par un dosage de TSH Ultra-Sensible (US).

Chez la femme après la ménopause, rechercher une possible tumeur ovarienne. Une alopécie d’installation rapide dans l’année suivant la ménopause, associée ou non à des signes d’hirsutisme doit faire pratiquer un dosage de testostérone totale. Un résultat supérieur ou égal à deux fois la normale ou à 1,5 ng/ml doit faire rechercher une tumeur ovarienne. 

Chez l’homme adulte, il n’est pas nécessaire de pratiquer un bilan hormonal.

De façon très exceptionnelle, une alopécie peut s’observer lors d’une baisse de concentration en vitamine B12 ou en acide folique suggérée par une augmentation du VGM à rechercher systématiquement. De même, rarement,  en cas de signe d’appel seulement, et dans le cadre d’un diagnostic différentiel, il peut être utile de pratiquer une sérologie syphilitique, un bilan de malabsorption, un bilan hépatique, une créatininémie, ou des anticorps antinucléaires.

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